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LE DOSSIER | Richesse et diversité du blended learning : des promesses tenues
L’art (culinaire) du blended learning
13 MARS 2023 / dispositifs / pratiques
Michel Diaz
directeur associé
féfaur










Le blended learning étant un « mélange », les analogies qu’on peut faire, par exemple, entre l’art culinaire et le blended learning — même s'il faut les prendre avec des pincettes ! — ne manquent pas d’offrir des perspectives utiles. Ingrédients utilisés en cuisine ou formats de formation, plat confectionné avec plus ou moins de soin ou parcours blended learning… Variations sur une métaphore qui confirme que le blended learning relève, d’une certaine façon, d’un art.

Partir des ingrédients ou des plats à cuisiner ?

Pour concevoir le blended learning, on partira des ingrédients (les formats de formation) ou des plats à cuisiner (le parcours de formation) qui pourront être servis à table ou sur un buffet. 

Partir des ingrédients : J’ouvre le réfrigérateur, ou je décide d’aller au marché pour choisir, selon mon humeur, les produits que j’ai envie de cuisiner… C’est souvent devant les produits offerts sur les étals que me vient l’idée du plat qu’on mangera plus tard.

Quels sont les formats de formation (modalités) disponibles dans l’entreprise ? La réponse varie d’une entreprise à l’autre, et, dans une même entreprise, elle varie dans le temps (l’offre ne cesse de créer de nouveaux formats). Il existe des dizaines de modalités, c'est-à-dire de vecteurs pour transmettre des savoirs, que l’on peut diversement classer : dans le classement « classique » — présentiel / distanciel ; synchrone/asynchrone ; formel / informel — le cours en salle est un format présentiel, synchrone et formel alors qu’une classe virtuelle est distancielle, synchrone et formelle ou un module e-learning distanciel, asynchrone, formel ou informel (selon qu’il est consommé ou non dans un parcours de formation structuré). La littérature abondant sur ce sujet, on n’ira pas plus loin. Sauf pour rappeler que les responsables formation doivent connaître la valeur pédagogique que chaque format peut apporter, et qu'ils devront régulièrement « faire leur marché », c'est-à-dire s’informer sur les nouvelles modalités de formation, pour identifier notamment des nouveaux usages qui pourraient renforcer l’engagement des collaborateurs à se former.

Partir du plat (ou du repas) : On sait d’avance quel plat ou quel repas préparer, dont la cinématique est pensée (celle du repas en particulier) : entrée, plat, fromage ou dessert, amuse bouche, mignardises, boissons… Le « livrable » de chaque phase combine des ingrédients préalablement choisis à l’effet de cuisiner ce qu’on a en tête. On s’aidera d’un livre de cuisine pour une recette nouvelle ou qu’on n’aurait pas utilisée depuis longtemps ; au contraire, on saura préparer le repas avec les gestes sûrs et fluides d’un « expert ».

Le processus de conception blended learning débouche sur la production d'un parcours de « formation mixte », par l'assemblage méthodique, construit avec savoir-faire, de diverses modalités figurant déjà dans la boîte à outils du concepteur, sans exclure d’en créer d'autres si nécessaire. On ne sous-estimera toutefois pas la faveur moderne pour le buffet : chacun choisit ce qu’il veut apprendre (manger), en fonction de ses objectifs de formation (son régime, sa santé, son plaisir) ou de son mode préféré d’apprentissage ; si l’apprenant veut directement passer de l’entrée au dessert, puis au fromage avant de terminer par la salade niçoise, pourquoi pas ? Si c’est le prix à payer pour apprendre ce qu’il doit savoir.

Se concentrer sur le résultat attendu

Car ce qui doit prévaloir, c'est en effet le résultat attendu.

En matière culinaire, les attentes sont variables, bien sûr. Je peux me contenter d’assouvir ma faim ; je peux aussi satisfaire ce besoin en y prenant le plaisir du palais. D’un repas pris sur le pouce, juste pour se sustenter, à l’expérience sophistiquée d’un repas festif à une table étoilée, les gradations sont nombreuses.

Pourquoi en serait-il autrement en formation : de la simple ressource pédagogique, immédiatement accessible sur le « learning portal », pour résoudre un problème rencontré dans le flux du travail, au dispositif complet, structuré, mariant intelligemment diverses modalités dans le temps long, pour aider un collaborateur à développer son employabilité et sa mobilité interne, avec, au besoin, une certification à la clé… Le concepteur blended learning jouera sur tous les registres sans perdre de vue l’expérience apprenante qu’on sait cruciale pour maintenir durablement l’engagement d’un collaborateur à se former. Quant au « collaborative learning », ne résonne-t-il pas avec l’habitude du repas pris en commun ? À se demander si cette tradition que l’Hexagone tente, vaille que vaille, de conserver, n’influe pas sur la coloration de la formation mixte « à la française » (notamment à travers la part qu’y joue encore le traditionnel cours en salle) ! Cela ne serait pas pour déplaire : les entreprises françaises seraient en meilleure position pour partager des savoirs individuels. On notera ainsi combien diverses sont les attentes vis-à-vis du blended learning. Celles de l’andragogie : l’apprenant costratège de sa formation décidant de l’heure, du rythme et du lieu où il va se former ; l’apprenant dont l’expérience déjà acquise est mobilisée dans sa formation ; l’apprenant qui se forme pour une bonne raison (on ne lui fera pas avaler de la « Malbouffe » pour le seul plaisir du gavage). À quoi s’ajoute la prise en compte d'usages numériques qui modifient les attentes des apprenants (voire leur cerveau, comme l'a noté Michel Serres).

L’Art (culinaire) du blended learning

Tout concepteur blended learning doit donc répondre à plusieurs questions, faire des choix, notamment : 

  • Quels formats de formation vont entrer dans les dispositifs blended learning de l’entreprise ? Quels sont les critères pour choisir ces formats (quelle est la valeur créée par un format, dans telle ou telle situation de formation) ? Comment actualiser (entrées/sorties) le portefeuille des modalités de formation ?
  • Comment agencer ces formats dans un parcours cohérent, donnant du sens à la formation, ou bien les proposer sur un buffet (dont l'agencement est tout aussi requis) ? Quelle marge de manœuvre laisser aux apprenants, dans tel ou tel projet de formation (quelle part au pull, au push) ?

Ces choix de conception seront faits sous triple contrainte : pertinence de la réponse (par rapport aux objectifs visés), délai dans lequel la formation doit répondre, dépense engagée… La multiplicité des situations auxquelles les Directions Formation ainsi que la diversité des ressources du blended learning militent certes en faveur d’une industrialisation, au moins partielle, des processus de conception et de distribution du blended learning. Industrialisation qui (pas plus, à mon sens, que l’IA) ne pourra entièrement se substituer au savoir-faire d’architectes de formation pratiquant l’Art exigeant du blended learning.

NB : la métaphore pourrait être prolongée au-delà du processus de conception du blended learning : les arts de la table et du service (la nappe, la vaisselle, etc.) pouvant inspirer à leur tour la distribution du blended learning (le portail de formation, le push). Encore ce prolongement n'épuise-t-il pas toutes les analogies qui sortiraient d'un remue-méninge de l'équipe formation ! 

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