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À l’approche des élections municipales de 2026, le CNFPT a déployé un dispositif de formation d’une ampleur inédite pour accompagner agents, élus et candidats dans un contexte réglementaire mouvant. Multimodalité, accès libre, logique « juste à temps », partenariats institutionnels : Gaétan Lalou, Chef de projets Ingénierie pédagogique multimodale, revient sur les choix qui ont structuré « Municipales 2026 » et sur les enseignements que le CNFPT compte désormais réinvestir dans d’autres grands programmes nationaux.
Comment rendre les municipales plus simples à gérer ?
Gaétan Lalou : Pour répondre à cet enjeu — accompagner 35 000 communes dans un cadre juridique en constante évolution, marqué notamment par les lois de mai et décembre 2025 sur le mode de scrutin et le statut de l’élu — nous avons misé sur une stratégie de légitimité et de réactivité. La fiabilité du dispositif repose d’abord sur des partenariats avec des opérateurs de référence comme l’AMF, la CNCCFP, l’INSEE ou encore le Ministère de l’Intérieur. Leur contribution nous a permis de garantir une information juridiquement irréprochable, y compris sur des sujets sensibles comme le nouveau mode de scrutin des communes de moins de 1 000 habitants. Mais cette fiabilité ne suffisait pas. Nous avons aussi cherché à proposer une offre immédiatement exploitable sur le terrain, avec une approche très pratico-pratique privilégiant les formats questions/réponses et des ressources granulaires répondant à des besoins précis. Enfin, l’accessibilité a été pensée comme un principe central : les contenus sont disponibles sur tous les supports — ordinateur, tablette, smartphone — et proposés sous des formats variés, des vidéos courtes aux quiz en passant par les dossiers documentaires. Cette simplicité d’accès était indispensable quand on sait que 71 % des communes françaises comptent moins de 1 000 habitants et disposent d’équipes très réduites.
Pourquoi structurer l’apprentissage en trois temps ?
Gaétan Lalou : Le séquençage du parcours — Avant, Pendant, Après — ne répond pas seulement à une logique chronologique. Il reflète surtout la réalité opérationnelle des agents et des élus. Dès septembre 2025, la première phase permettait d’anticiper les sujets critiques comme le financement de campagne ou l’établissement des listes électorales grâce à des modules d’autoformation et des webinaires. À partir de novembre, le deuxième temps s’est concentré sur l’organisation concrète du scrutin, notamment via le « Kit scrutin » et des journées d’actualité directement alignées sur le calendrier électoral. Enfin, la troisième phase, prévue autour de février-mars 2026, accompagne l’installation du conseil municipal et les premières décisions du mandat tout en aidant les nouveaux élus à comprendre le fonctionnement des collectivités et leurs compétences. Cette organisation progressive évite de submerger les apprenants sous une masse d’informations déconnectées de leurs préoccupations immédiates. Elle favorise un apprentissage « juste à temps », dans lequel les contenus peuvent être appliqués immédiatement après leur consultation.
Comment garder une cohérence dans une offre aussi riche ?
Gaétan Lalou : Avec une offre allant du jeu de plateau au MOOC, en passant par les webinaires et les podcasts, le risque de dispersion était réel. Nous avons donc travaillé sur trois leviers complémentaires. D’abord, une architecture de contenus standardisée : les modules d’autoformation reposent tous sur la même structure — vidéos, quiz courts, dossiers documentaires — afin de créer des repères visuels et méthodologiques stables pour les apprenants. Ensuite, nous avons mis en place une identité visuelle et une communication unifiées grâce à une charte graphique dédiée et à une page web unique servant de point d’entrée central. Quel que soit l’outil utilisé — Rise, Genially ou Adobe Connect — l’utilisateur reste dans le même univers. Enfin, la direction du développement de l’offre de service du CNFPT a assuré une ingénierie pédagogique centralisée afin de transformer les ressources fournies par les partenaires en objets pédagogiques cohérents et complémentaires.
Pourquoi ouvrir largement les ressources ?
Gaétan Lalou : Le libre accès a profondément transformé la diffusion du dispositif. Les chiffres sont très parlants : alors que le SPOC sur inscription a réuni environ 1 500 participants, les modules en accès libre ont généré plus de 200 000 visites. L’absence de barrière d’authentification a permis une consultation massive et beaucoup plus virale des ressources. Ce mode d’accès apporte aussi une grande souplesse d’usage : un agent peut consulter une ressource précise entre deux réunions ou depuis son smartphone sans devoir entrer dans un parcours formalisé. La formation devient alors une véritable banque de ressources mobilisable à tout moment pour soutenir l’action publique. Cette ouverture élargit également fortement l’audience du dispositif en touchant non seulement les agents, mais aussi les élus municipaux et les candidats, qui ne se seraient pas forcément inscrits à une formation classique.
Quelles leçons pour les futurs grands dispositifs ?
Gaétan Lalou : Le succès de « Municipales 2026 » confirme une vision du digital learning que nous souhaitons désormais appliquer à d’autres sujets comme l’intelligence artificielle ou la transition écologique. Premier enseignement : la multimodalité est indispensable pour toucher des publics aussi nombreux et hétérogènes. Il faut pouvoir combiner synchrone et asynchrone, présentiel et distanciel, ressources courtes et formats plus approfondis. Deuxième leçon : la réussite repose sur une production agile. Malgré un lancement tardif, le projet a avancé grâce à une forte synchronisation des équipes et à un équilibre efficace entre production interne et externalisation. Enfin, les partenariats institutionnels jouent un rôle déterminant. La co-conception avec des acteurs reconnus ne constitue pas seulement un gain de temps : elle crée aussi un climat de confiance qui favorise fortement l’engagement des apprenants.
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