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De l’armoire à catalogues à la veille partagée : la transformation d’une pratique clé de la formation
18 septembre 2025 Twitter X   LinkedIn
Isabelle Dremeau
Consultante-formatrice
idremeau Consulting
Michel Diaz
Directeur de la rédaction
E-learning Letter
Premier volet de la série « La veille en formation » par Isabelle Dremeau et Michel Diaz. Autrefois limitée aux catalogues papier, la veille est devenue une activité stratégique, portée par le numérique et par l’ensemble des professionnels de la formation.

Pour les responsables formation, la veille a longtemps consisté en l’accumulation de catalogues envoyés par les organismes de formation ?

Michel Diaz : En effet, et l’on en connaît les grandes lignes : catalogue papier (print, dans le sabir marketing), actualisation annuelle avec d’éventuels tirés à part trimestriels, dont le planning de l’interentreprises qui demeuraient le format clé… Le catalogue était stocké dans l’armoire du service formation, pour consultation automnale, principalement par le responsable formation, lorsque s’élaborait le plan de formation annuel, ou pour répondre à des demandes individuelles au fil de l’eau. Bref : un enjeu et des bénéfices relativement succincts, faute que la veille disposât alors d’une édition numérique à même de lui ouvrir de plus vastes perspectives. Dans un second temps, avec l'avènement de l’Internet, les catalogues seront numérisés, de plus en plus souvent actualisés quasiment en temps réel ; ils bénéficieront d’un moteur de recherche multicritères permettant de trouver toujours plus vite l’offre correspondant aux besoins collectifs et individuels.

Cela dit, la généralisation du numérique aura largement étendu le champ de la veille… 

Michel Diaz : C’est exact. Au-delà de l’identification des contenus pertinents, la veille portera sur les formats de formation (multipliés avec le numérique : e-learning, micro learning, mobile learning, serious games, quiz numérique, etc.) ainsi que sur les plateformes et les outils numériques qui permettent de créer des contenus (authoring, rapid learning…) ou de les déployer massivement (LMS, LXP…). Car, l’enjeu, c'est alors, pour le service formation, de disposer des outils qui lui permettront de créer et de déployer une offre de formation en ligne. Dans l’intensification de cette activité de veille, le service formation sera épaulé par le service informatique devenu un partenaire stratégique. Mais ces nouvelles pratiques devront également composer avec le « monde ancien » dans des formules variées de blended learning : la veille du service formation ne saurait s’arrêter au seul choix des contenus et des outils : elle doit aussi porter sur les innovations pédagogiques qui n'ont pas manqué de se développer dans ces croisements.

Comment donner du sens à ce foisonnement, quel cap fixer aux activités de veille du service formation ?

Michel Diaz : On en revient aux enjeux et aux bénéfices, à la question du pourquoi. Les activités de veille doivent contribuer à la raison d’être du service formation : créer de la valeur pour les métiers, développer le capital humain de l’entreprise, accompagner les transformations en cours (environnementale, numérique, IA, etc.), assurer la mise en conformité avec les réglementations, etc. Il s’agit donc, grâce à une veille bien conduite, d’identifier les innovations directement utiles à ces grands « drivers ». La conséquence naturelle de cette nouvelle complexité, c’est que la veille n’est plus du seul ressort du responsable formation ; elle s’inscrit au cœur du métier de tout professionnel de formation, cette universalisation de la veille étant rendue possible par les nouveaux outils qui permettent de l'industrialiser à moindre coût.

Isabelle Dremeau : Je partage ce constat : la veille informationnelle en formation est devenue un réel enjeu pour l’ensemble des professionnels du secteur. De la responsabilité parfois d’un seul collaborateur, elle s’est étendue au fil des années à l’ensemble des membres d’une équipe comptant tant pour le développement stratégique de l’entreprise que pour développer les compétences professionnelles de chacun.

La veille souffre cependant d’un certain manque de visibilité… 

Isabelle Dremeau : Ou plutôt d’un manque d’identification des responsabilités individuelles. Faire de la veille, c’est d’abord mettre en place une culture de veille qui s’appuiera sur une définition claire des rôles de chacun : collecte, analyse, synthèse, partage de l'information. Qui fait quoi, dans quel cadre ? Ces rôles sont-ils flexibles, mobiles, interchangeables ? En rendant la veille plus visible, en valorisant les contributions individuelles, la stratégie de l’entreprise s’enrichit en s’assurant de ne pas passer à côté de ce qui pourrait être important à connaître ou à tester. Trop souvent, c’est le manque de temps et le caractère chronophage de la veille qui est évoqué… Assurément, c’est un travail qui combine de multiples activités consommatrices de temps : recherche d'informations, analyse de données, contextualisation, rédaction et synthèse de documents, tout cela en vue de leur diffusion. Se contenter d’une ou deux étapes sans plan ni méthodologie de veille globale, c’est la meilleure façon de passer à côté de l’essentiel.

Faire de la veille, c’est également maîtriser les outils numériques actuels ?

Isabelle Dremeau : C’est une condition fondamentale pour être alerté le plus régulièrement possible et en temps réel des évolutions de tout ce qui touche le domaine de la formation. Les bénéfices d’une veille constante sont là : on repère, par exemple, les formations les plus pertinentes à mettre en place, répondant précisément aux besoins en interne de l’évolution des métiers, on découvre et on teste des outils à la fois de conception, d’animation, mais aussi de gestion de la formation. Cela permet aux formateurs de tester de nouvelles approches pédagogiques adaptées aux besoins et aux habitudes des apprenants. L’arrivée de l’intelligence artificielle générative a décuplé la nécessité de suivre ces évolutions technologiques et comportementales, tout en imposant une vigilance accrue sur les aspects légaux et réglementaires de son utilisation en formation. L'un des défis majeurs pour les acteurs de la formation face à ces enjeux, est de passer maintenant d'une veille encore trop passive et peu structurée à une démarche plus active, organisée et partagée. Cette dernière, en fédérant les équipes pédagogiques, saura créer de la plus-value pour l’organisation.

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