ELEARNINGLETTER
ACTUALITE & STRATEGIES DIGITAL LEARNING
ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS OFFRES D'EMPLOIS COMMUNIQUÉS ANNUAIRE DES PREMIUM CONTRIBUTEURS S'ABONNER À LA NEWSLETTER
Prompting : compétence ou illusion ?
8 JUILLET 2025
Tandis que les IA génératives s’invitent dans tous les services, la pratique du prompting s’impose comme l’interface par défaut. Trop vite sacralisée, elle révèle déjà ses limites… ainsi que son potentiel, notamment pour les concepteurs pédagogiques et les apprenants autonomes. Le point de départ d’une réflexion plus large sur nos usages, à l’heure où la maîtrise du langage redevient un levier stratégique.

Une pratique qui s’installe sans discussion

Le prompting s’est imposé comme un réflexe. Un prompt bien tourné, une réponse convaincante, un sentiment de puissance… et une illusion de contrôle. En quelques mois, cette gymnastique textuelle a infiltré les usages, du marketing à la formation, du stagiaire au CDO. S’il faut interroger l’IA, il faut le faire « avec art » : la phrase d’entrée devient un code, une recette, un geste technique. Cela suffit, croit-on, à apprivoiser l’intelligence artificielle. On en oublierait presque de questionner ce que cette forme de dialogue a de bancal, d’artificiel, de fragile. Le prompting n’est pas du langage naturel, c’est un mode de pilotage rudimentaire déguisé en conversation. Il fonctionne… jusqu’à ce qu’il ne fonctionne plus.

Promesses et effets de bord

Soyons justes : bien utilisé, le prompting ouvre des perspectives utiles, et parfois décisives. Dans les services formation, il facilite la création de supports, de quiz, de synopsis. Il accélère le passage de l’idée au prototype. Il permet d’explorer des styles, des formats, des structures. Il soulage la page blanche et muscle l’agilité éditoriale. Côté collaborateurs, il propose une porte d’entrée vers l’auto-apprentissage : formuler une question, tester une réponse, itérer, s’autocorriger. Il stimule une curiosité que trop de LMS ont laissée en jachère. Le problème est ailleurs : dans ce dialogue est bancal, parce que fondé sur des règles instables. On peut produire une réponse brillante avec une formulation, et obtenir un non-sens en modifiant une virgule. C’est là que l’expérience s’effondre. Le système ne comprend pas l’humain : il extrapole, il prédit, il déduit des mots, pas des intentions. L'utilisateur s’épuise à ajuster sa question pour faire dire à la machine ce qu’il voulait vraiment.

Le syndrome de la recherche Google

L’analogie est connue, mais elle résiste à l’usure. Google a mis à disposition des opérateurs puissants, des filtres avancés, des requêtes booléennes. Combien d’internautes les ont vraiment utilisés ? L’immense majorité s’en est tenue à quelques mots-clés balancés à la va-vite, avec des résultats souvent satisfaisants, parfois déroutants. Le prompting suit le même chemin. Une élite d’utilisateurs explore des astuces, raffine ses requêtes, invente des tours de passe-passe. Le reste tape “fais-moi un module e-learning sur la cybersécurité” et récupère une soupe fade à réchauffer sous Articulate. Entre les mains de la majorité, le prompting devient un miroir de nos approximations. Ce n’est pas une critique de l’utilisateur. C’est un rappel : les interfaces qui reposent uniquement sur des formulations textuelles, sans guidage ni garde-fous, ne peuvent pas tenir leur promesse d’accessibilité et de fiabilité.

Un signal faible à transformer en stratégie

« Prompting Considered Harmful » : l’article de James Landay dans Communications of the ACM enfonce le clou, dans lequel il annonce d’emblée que le prompting est une impasse ergonomique et cognitive, un héritage temporaire à dépasser d’urgence. Le prompting ne serait pas une solution pérenne ; il ne pourrait durablement fonder notre relation à l’IA. Penser d’autres interfaces : conversationnelles, visuelles, multimodales. Des systèmes qui comprennent l’ambiguïté, qui questionnent en retour, qui co-construisent. Mais surtout, il faut former. Former les équipes formation à l’analyse critique des réponses générées. Former les concepteurs à manipuler l’incertitude, à détecter les hallucinations, à piloter l’IA sans se laisser piloter. Former les collaborateurs à exprimer clairement un besoin, à poser une problématique, à explorer les itérations. Le prompting ne doit pas être un réflexe vide, mais un prétexte pour revenir à l’essentiel : la capacité à penser, formuler, raisonner, douter. Car ce sont ces compétences que l’IA, malgré ses performances, ne remplacera jamais.

JLB

ARTICLES RÉCENTS DANS LA MÊME THÉMATIQUE technologies & ia
Formation étendue et Intelligence Artificielle : la reconquête stratégique •SUITE Masterclass IA : les responsables formation reprennent le contrôle •SUITE
Open source : de la plateforme LMS à l’IA générative •SUITE CNRS-Mistral : 35 000 agents, un outil souverain, une formation obligatoire •SUITE
La compétence, fiction nécessaire ? •SUITE Compétences numériques : l’illusion persiste •SUITE
Le LMS entre dans une ère de simplification intelligente •SUITE L’open source comme socle stratégique d’un écosystème de formation souverain, pérenne et évolutif •SUITE
Cowork ou Copilot : la bureautique bascule dans l’ère de l’agent autonome •SUITE IA en formation : le duo Moodle et Ollama, l’alternative souveraine face aux géants •SUITE
page précédente retour à l'accueil tous les articles
À LIRE CETTE SEMAINE
Où sont les nouvelles architectures de formation ? •SUITE
La formation est un moment du travail •SUITE
Formation étendue et Intelligence Artificielle : la... •SUITE
Formation de compliance : occasion (trop souvent) manquée... •SUITE
Manager-formateur : le job qu'on ne vous a jamais appris •SUITE
Piloter le learning par la donnée : de l'intérêt du MLD •SUITE
OFFRES D'EMPLOI
Business developper - solutions digital learning
INGENIUM DIGITAL LEARNING
Account Executive
7SPEAKING
ILS INFORMENT
Mandarine Academy : Comment réduire durablement les risques humains en cybersécurité...
Experquiz : Experquiz fait évoluer son support client avec une solution de...
PROCHAINS ÉVÉNEMENTS
Créez des vidéos pédagogiques
du 13 MARS 2026 au 27 MARS 2026 / ISTF
Nouveau : Atelier NotebookLM
13 MARS 2026 / ISTF
LES PLUS LUS
Le roleplay est l'avenir de la formation !
2026 : l’apprenance s’affirme irrévocablement comme un...
Former sous contrainte budgétaire à l'IFCAM : « Le...
Des PDG remplacés par l’IA… À quand la disparition des...
Mesurer l’impact de la veille : indicateurs, méthodes et...
Combattre le vide : une mission d'intérêt public pour la...
« La performance se jouera à l’intersection...
Former à l’IA, à la cybersécurité et aux arnaques pour...
INSCRIPTION NEWSLETTER CONTACTEZ NOUS PUBLIEZ OFFRE D'EMPLOI PUBLIEZ ACTUALITÉ MENTIONS LÉGALES CENTRE DE PRÉFÉRENCES
www.e-learning-letter.com - © copyright e-learning Media 2026 - images fournies par Adobe Stock et Freepik - tous droits réservés - déclaration CNIL n°1717089 - email : informations@e-learning-letter.com - création : Fair Media ®