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LE DOSSIER Construire un écosystème digital de formation cohérent, intégré et simple à piloter
Chez ENGIE, la fin du mythe de la plateforme de formation unique
26 JANVIER 2026
Olivier Nourry
expert digital learning
engie










Olivier Nourry, expert Digital Learning chez ENGIE, propose une analyse sans concession des limites des LMS tout-en-un dans les grands groupes internationaux. À travers une approche par écosystème et le déploiement d’un outil de cartographie « radar », il met en lumière une nouvelle manière de piloter la complexité, d’objectiver les choix technologiques et de renforcer l’efficacité globale des dispositifs de formation.

Quelles sont les limites concrètes du modèle de la plateforme de formation unique dans un grand groupe international ?

Olivier Nourry : Il y a encore quelques années, il n’était pas rare de voir des éditeurs de solutions Learning répondre aux appels d’offres en affirmant que leur plateforme couvrait absolument tous les besoins. Les LMS « old school » se transformaient alors soudainement en LXP grâce à l’ajout de quelques fonctionnalités approximatives… tandis que certaines LXP, très orientées sur expérience apprenant, annonçaient dans leur roadmap une couverture complète des besoins TMS (gestion du présentiel) : une ambition difficilement compatible avec les fondements mêmes de leur solution ! On n’est plus là, heureusement : aujourd’hui, la majorité des acteurs reconnaissent enfin qu’il n’existe pas d’outil unique et universel. Le LMS conserve (pour combien de temps encore ?) son rôle de colonne vertébrale de l’écosystème Learning, en assurant les fonctions régaliennes que l’on est en droit d’attendre de lui. Autour de lui gravitent désormais plusieurs solutions complémentaires, qui viennent pallier ses limites fonctionnelles.

Par conséquent, il faut raisonner plutôt en termes d’écosystème digital de formation ?

Olivier Nourry : En effet, et cette approche inspire la réorganisation prévue d’ENGIE University avec la création d’un pôle « Performance, Digital & Data » qui a pour mission de renforcer l’efficacité des parcours de développement en mobilisant le digital, la data et des approches d’apprentissage innovantes. Il s’agit donc d’améliorer l’impact, la mesure et la performance globale de nos dispositifs de formation. Dans ce cadre, nous avons décidé d’aligner notre vision de l’écosystème Learning dans son ensemble et de vérifier que notre analyse n’était pas influencée par nos pratiques historiques. Une opportunité, également, essentielle à nos yeux de confronter cette lecture auprès de nos parties prenantes internes, y compris les plus critiques vis‑à‑vis de l’écosystème actuel, pour enrichir et affiner notre diagnostic par d’autres perspectives.

Cette approche s’appuiera sur un projet de « radar »…

Olivier Nourry : Nous avons pour ambition de proposer une représentation graphique de type radar pour faciliter l’identification, par l’ensemble de la communauté Learning, de nos forces et, surtout, de nos faiblesses les plus structurantes en vue de prioriser plus efficacement notre roadmap interne et d’orienter la recherche de solutions complémentaires à notre écosystème Learning. Dans un premier temps, l’approche radar est préférable à une expression de besoins traditionnelle, souvent globale et rapidement matérialisée par un document volumineux, car elle donne une meilleure visibilité à nos besoins, en interne comme auprès de parties prenantes clés telles que l’IT, généralement très vigilante concernant l’intégration de nouveaux outils dans un écosystème déjà complexe ! Définir les dimensions du radar, les « piliers », est un exercice délicat tant la tentation est grande de descendre dans un niveau de détail trop fin. Pour qu’il reste lisible et exploitable par tous, nous nous sommes cantonnés à 8 ou 9 piliers - ce que n’empêchera pas, le cas échéant, de créer des radars dédiés pour proposer une vision plus granulaire d’un pilier spécifique.

Concrètement ?

Olivier Nourry : Comme exemples de piliers analysés, nous pouvons citer notre perception de l’efficacité de nos outils en matière d’expérience apprenant, de pilotage de la compliance, ou notre capacité à accéder à la donnée et à fournir des KPI pertinents… Nous avons également décidé de visualiser nos perspectives 2026, prenant en compte les projets déjà engagés comme les évolutions attendues de nos solutions. Vous l’aurez compris, le radar poursuit trois objectifs : montrer où nous en sommes (situation actuelle), illustrer les gains estimés à l’issue de notre roadmap annuelle, et identifier les zones de fragilité à prioriser dans les phases suivantes.

Quels premiers enseignements ce travail en cours commence-t-il à faire émerger ?

Olivier Nourry : Encore jeune, notre démarche n’est pas encore totalement aboutie, mais on peut déjà constater que l’alignement sur nos forces est largement partagé : les divers acteurs reconnaissent ce que nos outils leur permettent de réaliser efficacement et l’avancée qu’ils représentent par rapport à ceux utilisés par le passé. En revanche, les faiblesses font davantage débat ! Une personne peut avoir une perception très négative d’un pilier, et peiner à en reconnaître qu’il présente néanmoins des aspects positifs. C’est précisément là que le dialogue peut réellement commencer, non pas pour atteindre un simple compromis, mais pour parvenir à un consensus éclairé. Pour y parvenir, un tableau simple listant, pour chaque pilier, ses composantes et leurs niveaux de performance, s’avère particulièrement utile pour structurer la discussion, objectiver les points de vue et faciliter une vision commune.

Ce radar peut aider des responsables formation confrontés à la complexité croissante des environnements numériques à mieux piloter leur écosystème de formation…

Olivier Nourry : On entend parfois que les services formation sont globalement déçus par leurs LMS… La complexité croissante des écosystèmes learning impose d’identifier les forces des outils que nous utilisons actuellement. Un remplacement radical par toute nouvelle solution pourrait bien s’avérer périlleux et tout aussi décevant si elle n’offre, malgré ses promesses, qu’une expérience dégradée par rapport à l’existant. Une fois ces forces identifiées et partagées par les diverses parties prenantes, vient le moment de s’attaquer méthodiquement aux faiblesses du dispositif. Cette démarche permet de cibler ensuite les besoins de manière plus pertinente dans le cadre d’un appel d’offres, sans oublier - ce qui est impératif - que la future solution devra s’intégrer parfaitement dans un écosystème déjà dense et interconnecté.

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